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Un séjour à l’hospice départemental de vieillards de la Sarthe

L’hospice

L’hospice départemental de vieillards de la Sarthe ou dépôt de mendicité était une succursale de l’hôpital général du Mans.
En 1656, Louis XIV promulgue un édit pour créer dans chaque grande ville un hôpital général afin de lutter contre la misère, la mendicité et le vagabondage. Le premier hôpital général créé est celui de Paris à l’hôpital de la Pitié en 1656 (Source Wikipedia).
La construction de l’hôpital général du Mans a commencé en 1666. D’après un plan du XIXe siècle, il se situait sur la rive gauche de la Sarthe, entre l’ancien quai de l’hôpital au nord, l’ancienne rue de l’Hôpital au sud, la rue du Port à l’ouest et l’ancienne rue Saint-Louis à l’est (cf. Figure 1). Ses fonds ont été versés aux Archives Départementales de la Sarthe dans la sous-série 1 X.

Plan de l’hôpital général du Mans (Source Médiathèque Aragon, Le Mans)
Figure 1 : Plan de l’hôpital général du Mans (Source Médiathèque Aragon, Le Mans)

Jacques Foucher

Qui est Jacques Foucher figurant dans le registre d’entrée sortie de l’hospice départemental des vieillards pour l’année 1870 ?

Jacques Foucher nait le 19 ventôse an IX (10 mars 1801) à sept heures du soir. Son frère jumeau, Jean, voit le jour trois heures après, mais décède le 22 ventôse (13 mars). Fils unique de Pierre Foucher et Renée Jeanne Beslot, cultivateurs à Ecommoy, Jacques a néanmoins un demi-frère et une demi-sœur, Louis et Anne issus du premier mariage de son père avec Marie Landais.

Sa mère, Renée Beslot, décède le 14 fructidor an XII (1er septembre 1804), Jacques a trois ans. Il est élevé par Magdeleine Peltier, une jeune femme que son père épouse le 16 floréal an XIII (6 mai 1805). Celle-ci donne naissance à ses demi-frère et sœur, Pierre et Magdeleine. Son père, âgé de soixante-quatre ans, meurt le 9 février 1809. Jacques a sept ans.

A l’âge de vingt-six ans, il épouse Louise Touchard, une cultivatrice native d’Ecommoy, qui est de quatre ans son ainée. Entre 1828 et 1833, celle-ci met au monde cinq enfants : Louise qui décèdera un an plus tard, Jacques, Magdeleine, Marie et Célestine.

Agée d’à peine quarante ans, sa femme Louise décède le 9 février 1837. Ne pouvant élever ses enfants seul, Jacques épouse en secondes noces Madeleine Lelarge, une cultivatrice d’Aubigné-Racan, le 29 avril 1839. Ils n’auront pas d’enfant.

Arbre de descendance de Pierre Foucher
Figure 2 : Arbre de descendance de Pierre Foucher

Son séjour à l’hospice

Jacques Foucher est recueilli à l’hospice le 17 décembre 1869 au frais du département. Agé de soixante-huit ans, Jacques est un homme de taille moyenne, au yeux roux et aux cheveux gris. Il est paralysé et sans domicile fixe d’après son dossier. Il a des antécédents judiciaires, puisqu’il a été condamné dans le passé à dix ans de travaux forcés et qu’il a effectué une peine de prison de dix jours avant son séjour à l’hospice.

Figure 3 : Hospice de vieillards de la Sarthe, Façade Ouest (Collection personnelle)

Le jour de son admission, on lui donne un bon bain chaud et des vêtements propres. Pendant son séjour, il est réveillé à sept heures du matin l’hiver et cinq heures et demie l’été. Comme il est alité, son petit déjeuner est servi à son chevet : un bouillon maigre et du pain avec du fromage. Chaque matin, il reçoit la visite du médecin de l’hospice qui débute sa tournée à partir de huit heures. Vers onze heures trente, on lui apporte son déjeuner : une soupe maigre en entrée et des légumes ou des féculents en plat principal avec de la viande, sauf les mardi et vendredi qui sont maigres. Le dîner est servi à son chevet à partir de cinq heures trente ; il est composé d’une soupe maigre, de pain avec du beurre, des rillettes (une spécialité locale) ou de la marmelade. L’alcool est interdit, il a droit à un demi-litre de cidre par jour. Chaque semaine, on lui change ses vêtements. Comme il est alité, ses draps sont changés régulièrement. Chaque mois, on lui donne un bain.

Après un séjour de quatre mois, Jacques Foucher quitte l’hospice le 22 avril 1870 pour retourner à Ecommoy, au lieu-dit les Quatre Vents.

Epilogue

Son épouse Madeleine Lelarge meurt le 8 février 1871 à Mayet, au lieu-dit Le Petit Pas, chez son gendre Julien Lelarge. Jacques décède à son domicile le 10 novembre 1871 d’une congestion cérébrale et pulmonaire due à l’asthme. Son décès est déclaré à la mairie d’Ecommoy par ses gendres Michel Chapin et Auguste Lebouc.

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